FIFA ::Infantino, le Maroc et le piège africain : où va la Mauritanie ?

La crise qui secoue la FIFA n’est plus une simple affaire financière. Elle est devenue une bataille pour le pouvoir. Et, dans cette bataille, le Maroc apparaît comme l’un des principaux points d’appui africains de Gianni Infantino.
Le 10 août 2026, l’UEFA, l’AFC et la CONCACAF ont franchi un nouveau pas en accusant publiquement le président de la FIFA d’avoir rompu la confiance et en réclamant une enquête indépendante sur son projet abandonné de céder une partie des revenus commerciaux de la Coupe du monde. Certaines voix vont jusqu’à réclamer son départ.
Face à cette offensive, Infantino s’est tourné vers l’Afrique. Et ce n’est pas un hasard si la réunion de crise s’est tenue au Maroc, pays qui occupe aujourd’hui une place centrale dans le dispositif du football mondial et africain.
La CAF a ensuite renouvelé à l’unanimité son soutien à Infantino. Parmi les dirigeants africains qui ont publiquement affiché ce soutien figurent le Marocain Fouzi Lekjaa et le président de la FFRIM, Ahmed Yahya.
Mais c’est précisément ici que commence le vrai débat.
Le Maroc, simple allié ou centre de gravité ?
Le rapprochement entre Infantino et le Maroc n’est pas nouveau. Le Royaume accueillera la Coupe du monde 2030 avec l’Espagne et le Portugal et bénéficie depuis plusieurs années d’une influence considérable dans les instances du football africain.
La récente réunion de crise à Rabat a encore renforcé cette impression.
Plus troublant encore : la presse britannique a rapporté qu’Infantino aurait envisagé de soutenir la candidature marocaine pour accueillir la finale du Mondial 2030 en échange d’un appui politique. La FIFA a démenti cette information, et il faut donc la considérer comme une allégation, pas comme un fait établi.
Mais même démentie, cette affaire révèle quelque chose de plus profond : le football est devenu un formidable instrument de puissance diplomatique.
Et le Maroc sait parfaitement l'utiliser.
Le risque pour la Mauritanie
C’est ici que la Mauritanie doit regarder au-delà des personnes.
Notre pays entretient des relations historiques, politiques et économiques étroites avec le Maroc. Dans le football également, la coopération est réelle. Mais cette proximité ne doit pas conduire Nouakchott à être automatiquement assimilée aux positions de Rabat.
Or, dans la crise actuelle, le risque existe.
Ahmed Yahya soutient Infantino. Lekjaa soutient Infantino. La CAF soutient Infantino. Mais le fait de partager aujourd’hui une position avec le Maroc ne signifie pas que les intérêts futurs de la Mauritanie seront nécessairement identiques à ceux du Maroc.
C’est là que doit se situer notre ligne rouge.
La Mauritanie ne doit pas devenir une voix supplémentaire dans un bloc constitué autour d’un partenaire plus puissant.
Elle doit être un acteur capable de défendre ses propres intérêts.
Car demain, les enjeux ne concerneront pas seulement Infantino. Ils concerneront la répartition des compétitions, les financements, l’influence au sein de la CAF, les calendriers internationaux, les investissements et surtout la capacité des petits pays à conserver une voix autonome.
Trois scénarios se dessinent
Premier scénario : Infantino résiste à la fronde et conserve son pouvoir jusqu’à l’élection de 2027.
Dans ce cas, son alliance avec l’Afrique et notamment avec les dirigeants les plus influents du continent sortira renforcée.
Deuxième scénario : la fracture avec l’Europe s’aggrave et transforme la crise actuelle en véritable crise institutionnelle de la FIFA. Le bloc africain devra alors choisir entre la fidélité à Infantino et la défense de ses propres intérêts.
Troisième scénario : Infantino reste en place mais affaibli. Dans ce cas, ceux qui auront misé exclusivement sur sa protection risquent de payer politiquement leur dépendance.
C’est ce dernier scénario qui devrait particulièrement intéresser la Mauritanie.
Ne jamais confondre proximité et alignement
La Mauritanie a tout intérêt à entretenir de bonnes relations avec le Maroc. Elle a également intérêt à préserver ses relations avec la FIFA et avec Infantino.
Mais une diplomatie intelligente ne consiste pas à choisir un camp avant de connaître l’issue de la bataille.
Elle consiste à garder des portes ouvertes.
Le football mauritanien a bénéficié du programme FIFA Forward et du soutien de la FIFA ; Infantino lui-même a salué les progrès réalisés sous la présidence d’Ahmed Yahya.
Mais ces acquis ne doivent pas devenir une dépendance politique.
La Mauritanie doit être proche du Maroc sans être dans son ombre, proche de la FIFA sans être dans son sillage et proche d’Infantino sans hypothéquer l’après-Infantino.
Car dans les rapports de force internationaux, les petits pays ne perdent pas lorsqu’ils sont petits.
Ils perdent lorsqu’ils cessent de penser par eux-mêmes.
Mohamed Ould Feïly "Antar"
Le 10 août 2026, l’UEFA, l’AFC et la CONCACAF ont franchi un nouveau pas en accusant publiquement le président de la FIFA d’avoir rompu la confiance et en réclamant une enquête indépendante sur son projet abandonné de céder une partie des revenus commerciaux de la Coupe du monde. Certaines voix vont jusqu’à réclamer son départ.
Face à cette offensive, Infantino s’est tourné vers l’Afrique. Et ce n’est pas un hasard si la réunion de crise s’est tenue au Maroc, pays qui occupe aujourd’hui une place centrale dans le dispositif du football mondial et africain.
La CAF a ensuite renouvelé à l’unanimité son soutien à Infantino. Parmi les dirigeants africains qui ont publiquement affiché ce soutien figurent le Marocain Fouzi Lekjaa et le président de la FFRIM, Ahmed Yahya.
Mais c’est précisément ici que commence le vrai débat.
Le Maroc, simple allié ou centre de gravité ?
Le rapprochement entre Infantino et le Maroc n’est pas nouveau. Le Royaume accueillera la Coupe du monde 2030 avec l’Espagne et le Portugal et bénéficie depuis plusieurs années d’une influence considérable dans les instances du football africain.
La récente réunion de crise à Rabat a encore renforcé cette impression.
Plus troublant encore : la presse britannique a rapporté qu’Infantino aurait envisagé de soutenir la candidature marocaine pour accueillir la finale du Mondial 2030 en échange d’un appui politique. La FIFA a démenti cette information, et il faut donc la considérer comme une allégation, pas comme un fait établi.
Mais même démentie, cette affaire révèle quelque chose de plus profond : le football est devenu un formidable instrument de puissance diplomatique.
Et le Maroc sait parfaitement l'utiliser.
Le risque pour la Mauritanie
C’est ici que la Mauritanie doit regarder au-delà des personnes.
Notre pays entretient des relations historiques, politiques et économiques étroites avec le Maroc. Dans le football également, la coopération est réelle. Mais cette proximité ne doit pas conduire Nouakchott à être automatiquement assimilée aux positions de Rabat.
Or, dans la crise actuelle, le risque existe.
Ahmed Yahya soutient Infantino. Lekjaa soutient Infantino. La CAF soutient Infantino. Mais le fait de partager aujourd’hui une position avec le Maroc ne signifie pas que les intérêts futurs de la Mauritanie seront nécessairement identiques à ceux du Maroc.
C’est là que doit se situer notre ligne rouge.
La Mauritanie ne doit pas devenir une voix supplémentaire dans un bloc constitué autour d’un partenaire plus puissant.
Elle doit être un acteur capable de défendre ses propres intérêts.
Car demain, les enjeux ne concerneront pas seulement Infantino. Ils concerneront la répartition des compétitions, les financements, l’influence au sein de la CAF, les calendriers internationaux, les investissements et surtout la capacité des petits pays à conserver une voix autonome.
Trois scénarios se dessinent
Premier scénario : Infantino résiste à la fronde et conserve son pouvoir jusqu’à l’élection de 2027.
Dans ce cas, son alliance avec l’Afrique et notamment avec les dirigeants les plus influents du continent sortira renforcée.
Deuxième scénario : la fracture avec l’Europe s’aggrave et transforme la crise actuelle en véritable crise institutionnelle de la FIFA. Le bloc africain devra alors choisir entre la fidélité à Infantino et la défense de ses propres intérêts.
Troisième scénario : Infantino reste en place mais affaibli. Dans ce cas, ceux qui auront misé exclusivement sur sa protection risquent de payer politiquement leur dépendance.
C’est ce dernier scénario qui devrait particulièrement intéresser la Mauritanie.
Ne jamais confondre proximité et alignement
La Mauritanie a tout intérêt à entretenir de bonnes relations avec le Maroc. Elle a également intérêt à préserver ses relations avec la FIFA et avec Infantino.
Mais une diplomatie intelligente ne consiste pas à choisir un camp avant de connaître l’issue de la bataille.
Elle consiste à garder des portes ouvertes.
Le football mauritanien a bénéficié du programme FIFA Forward et du soutien de la FIFA ; Infantino lui-même a salué les progrès réalisés sous la présidence d’Ahmed Yahya.
Mais ces acquis ne doivent pas devenir une dépendance politique.
La Mauritanie doit être proche du Maroc sans être dans son ombre, proche de la FIFA sans être dans son sillage et proche d’Infantino sans hypothéquer l’après-Infantino.
Car dans les rapports de force internationaux, les petits pays ne perdent pas lorsqu’ils sont petits.
Ils perdent lorsqu’ils cessent de penser par eux-mêmes.
Mohamed Ould Feïly "Antar"