AS Douanes : Quand l’improvisation remplace la préparation

Il faut poser la question sans détour : comment une compétition dont le calendrier était connu depuis plusieurs semaines a-t-elle pu déboucher sur une telle situation logistique ?
L’AS Douanes savait qu’elle disputerait la Coupe de la Confédération. Le tirage au sort du 6 août avait clairement fixé son adversaire, le Hafia FC, ainsi que les fenêtres des matches aller et retour. Il ne s’agissait donc ni d’une compétition improvisée, ni d’un déplacement décidé à la dernière minute.
Le débat autour de l’avion spécial révèle ainsi un problème plus profond : celui de la préparation et de l’anticipation.
Où était le plan de voyage ?
Un club engagé dans une compétition africaine doit penser à tout avant même de penser au terrain : transport, hébergement, récupération, visas, conditions d’entraînement, sécurité, restauration, calendrier et budget.
Que l’AS Douanes dispose de moyens importants ne dispense nullement ses dirigeants de cette rigueur. Au contraire.
Il est difficile de comprendre pourquoi une solution de transport moins coûteuse aurait dû être envisagée dans l’urgence alors que la destination, la date du match et le calendrier de la compétition étaient connus depuis le mois d’août.
Et la responsabilité ne s’arrête pas aux dirigeants du club.
La Fédération devait-elle découvrir le problème à quelques jours du match ?
La FFRIM connaît parfaitement le calendrier des compétitions africaines et accompagne régulièrement les représentants mauritaniens. Elle ne pouvait donc ignorer que l’AS Douanes aurait à se rendre en Guinée quelques jours après le match aller.
La question mérite dès lors d’être posée : pourquoi les conditions du déplacement n’ont-elles pas été arrêtées suffisamment tôt ?
Lorsqu’une fédération intervient pour soutenir financièrement un représentant national, cette intervention doit s’inscrire dans une logique d’anticipation, de planification et d’optimisation des ressources. Elle ne devrait pas devenir une réponse de dernière minute à une situation qui aurait pu être prévue.
Mais attention à ne pas enterrer les chances de la Douanes.
Il serait également injuste de réduire cette affaire à une simple polémique sur le coût d’un voyage.
Sportivement, la situation est loin d’être désespérée.
L’AS Douanes a obtenu un 2-2 à domicile contre Hafia. Le club guinéen a certes réalisé une bonne opération, mais la qualification n’est pas encore acquise. Le match retour du 11 septembre à Conakry peut encore basculer en faveur des Mauritaniens.
La Douanes a montré lors du match aller qu’elle avait les moyens de rivaliser. Elle a marqué deux buts et pris deux fois l’avantage. Elle peut donc renverser la situation.
Mais cela exige précisément ce qui semble avoir fait défaut autour du déplacement : préparation, organisation et professionnalisme.
La Douanes mérite un véritable coup de balai
L’AS Douanes n’est pas un petit club sans moyens. Elle représente une grande institution de l’État et dispose d’un environnement qui devrait lui permettre de travailler avec davantage de rigueur.
C’est pourquoi cette situation doit servir d’électrochoc.
Il ne s’agit pas de réclamer des têtes pour le principe, mais de demander une remise à plat du fonctionnement : qui planifie ? Qui décide ? Qui anticipe ? Qui contrôle les dépenses ? Qui prépare les campagnes africaines ?
Un club disposant de tels moyens ne peut pas fonctionner dans l’improvisation.
La Mauritanie a besoin de clubs capables de voyager, de jouer et de représenter le pays avec la même rigueur que les grandes équipes africaines. Elle n’a surtout pas besoin que ses représentants donnent à l’extérieur l’image d’un football qui découvre ses problèmes au dernier moment.
Le football mauritanien mérite mieux. Et l’AS Douanes, compte tenu de son statut et de ses moyens, doit être parmi les premiers clubs à montrer l’exemple.
Le match de Conakry est maintenant devant elle. Il faudra d’abord jouer pour se qualifier. Mais quelle que soit l’issue sportive, cette affaire devra laisser une leçon : dans le football africain moderne, l’improvisation coûte cher.

Mohamed Feily dit Antar