Soutien de la CAF à Infantino : une fidélité qui interroge l'indépendance du football africain

En réaffirmant à l'unanimité son soutien à Gianni Infantino, la Confédération africaine de football (CAF) confirme une réalité devenue difficile à contester : le président de la FIFA conserve une influence déterminante sur les instances dirigeantes du football africain.
Ce soutien n'est pas le fruit du hasard. Depuis son arrivée à la tête de la FIFA en 2016, Gianni Infantino a considérablement renforcé les financements accordés aux fédérations africaines à travers le programme FIFA Forward. La FIFA affirme avoir investi plus d'un milliard de dollars dans le développement du football africain depuis 2016, un montant qui devrait atteindre près de 1,28 milliard de dollars d'ici fin 2026.
Ces investissements ont permis à de nombreuses fédérations de financer leurs infrastructures et leur fonctionnement. En contrepartie, ils ont également renforcé la dépendance politique d'une partie des dirigeants africains vis-à-vis de la FIFA.
La réunion de crise organisée au Maroc en est une parfaite illustration : alors que l'Europe contestait ouvertement la gouvernance de Gianni Infantino après le fiasco de son projet de privatisation des revenus de la Coupe du monde, la CAF s'est empressée de lui renouveler sa confiance, lui offrant un précieux soutien dans l'une des plus graves crises de son mandat.
Pourtant, ce soutien ne doit pas masquer une autre réalité. Sous la présidence d'Infantino, les compétitions de la FIFA se sont multipliées et ont progressivement relégué la Coupe d'Afrique des Nations (CAN) au second plan dans le calendrier international.
Plusieurs réformes ont également affecté la valeur commerciale de la CAN, dont le passage à un rythme quadriennal, réduisant son attractivité économique et ses revenus potentiels.
Vue de Mauritanie, cette situation appelle à une réflexion de fond. Les investissements de la FIFA sont indispensables au développement de notre football, mais ils ne devraient jamais empêcher les fédérations africaines de défendre leurs propres intérêts lorsque ceux-ci divergent de ceux de Zurich. Une gouvernance crédible suppose une relation de partenariat, non de dépendance.
Enfin, il serait prématuré de considérer que ce soutien de la CAF garantit la survie politique de Gianni Infantino. Si les 54 voix africaines constituent un bloc électoral important, elles pourraient ne pas suffire face à l'opposition déterminée de l'UEFA, soutenue par d'autres confédérations qui contestent désormais ouvertement sa gouvernance et réclament une nouvelle direction pour la FIFA. À quelques mois de l'élection de mars prochain, la bataille est loin d'être terminée.
Mohamed Feily dit Antar
Ce soutien n'est pas le fruit du hasard. Depuis son arrivée à la tête de la FIFA en 2016, Gianni Infantino a considérablement renforcé les financements accordés aux fédérations africaines à travers le programme FIFA Forward. La FIFA affirme avoir investi plus d'un milliard de dollars dans le développement du football africain depuis 2016, un montant qui devrait atteindre près de 1,28 milliard de dollars d'ici fin 2026.
Ces investissements ont permis à de nombreuses fédérations de financer leurs infrastructures et leur fonctionnement. En contrepartie, ils ont également renforcé la dépendance politique d'une partie des dirigeants africains vis-à-vis de la FIFA.
La réunion de crise organisée au Maroc en est une parfaite illustration : alors que l'Europe contestait ouvertement la gouvernance de Gianni Infantino après le fiasco de son projet de privatisation des revenus de la Coupe du monde, la CAF s'est empressée de lui renouveler sa confiance, lui offrant un précieux soutien dans l'une des plus graves crises de son mandat.
Pourtant, ce soutien ne doit pas masquer une autre réalité. Sous la présidence d'Infantino, les compétitions de la FIFA se sont multipliées et ont progressivement relégué la Coupe d'Afrique des Nations (CAN) au second plan dans le calendrier international.
Plusieurs réformes ont également affecté la valeur commerciale de la CAN, dont le passage à un rythme quadriennal, réduisant son attractivité économique et ses revenus potentiels.
Vue de Mauritanie, cette situation appelle à une réflexion de fond. Les investissements de la FIFA sont indispensables au développement de notre football, mais ils ne devraient jamais empêcher les fédérations africaines de défendre leurs propres intérêts lorsque ceux-ci divergent de ceux de Zurich. Une gouvernance crédible suppose une relation de partenariat, non de dépendance.
Enfin, il serait prématuré de considérer que ce soutien de la CAF garantit la survie politique de Gianni Infantino. Si les 54 voix africaines constituent un bloc électoral important, elles pourraient ne pas suffire face à l'opposition déterminée de l'UEFA, soutenue par d'autres confédérations qui contestent désormais ouvertement sa gouvernance et réclament une nouvelle direction pour la FIFA. À quelques mois de l'élection de mars prochain, la bataille est loin d'être terminée.
Mohamed Feily dit Antar