ASAC Concorde – ACS Ksar : la chute des géants

La chute des géants se fait souvent dans le silence. Et aujourd’hui, ce silence est assourdissant autour de deux noms qui ont pourtant fait vibrer tout un pays : l’ASAC Concorde et l’ACS Ksar.
Il fut un temps où ces deux clubs ne jouaient pas seulement au football — ils racontaient une histoire, incarnaient une fierté nationale et faisaient battre le cœur de milliers de supporters. Les derbys entre la Concorde et Ksar n’étaient pas de simples matchs : c’étaient des rendez-vous sacrés. Les tribunes pleines, les chants, cette tension électrique… toute une génération s’en souvient encore.
Aujourd’hui, le décor a brutalement changé.
L’ASAC Concorde, autrefois locomotive du football mauritanien, lutte depuis deux saisons dans l’ombre de la deuxième division. Une descente difficile à accepter pour un club de ce rang. De son côté, l’ASC Ksar, pilier historique, vacille dangereusement en bas du classement de la Super D1, menacé par une relégation qui serait vécue comme un véritable séisme.
Et pourtant… presque personne n’en parle.
Comment en est-on arrivé là ?
La réponse, bien que dérangeante, semble évidente pour beaucoup d’observateurs : la gestion. Ou plutôt, la mauvaise gestion. Des dirigeants plus préoccupés par leurs intérêts personnels que par l’avenir de leurs clubs. Des décisions hasardeuses, un manque de vision, et des choix qui n’encouragent plus les joueurs à s’investir durablement.
Le contraste avec le passé est saisissant.
À l’époque où Dr Ba Mouhamedou veillait sur la Concorde, le club fonctionnait comme une véritable institution. Les joueurs étaient encadrés, respectés, soutenus. Il y avait une âme, une direction, un cap.
Même constat du côté de Ksar, sous l’ère de Limam Ould Moulay Oumar et de ses prédécesseurs : des hommes investis, passionnés, profondément attachés à ce que représentait leur club pour la communauté. Jouer pour l’un de ces clubs était le rêve de nombreux jeunes, porter leurs couleurs un honneur. Aujourd’hui, la réalité est bien différente : retards de salaires, engagements non respectés… au point que certains joueurs hésitent désormais à s’y engager.
Ces dirigeants ne géraient pas seulement des équipes — ils portaient un héritage.
Aujourd’hui, cet héritage est en danger.
Ce qui se joue dépasse largement le cadre sportif. Si ces clubs disparaissent ou sombrent durablement, c’est une partie de la mémoire collective du football mauritanien qui s’efface. Ce sont des générations de talents, des histoires, des émotions, une culture du jeu qui risquent de disparaître.
Le plus inquiétant reste sans doute l’indifférence générale. Ni mobilisation populaire, ni réaction forte des instances, ni véritable débat public. Comme si la chute de ces monuments était devenue une banalité.
Mais il n’est peut-être pas trop tard.
Sauver l’ASAC Concorde et l’ACS Ksar ne relève pas seulement d’un enjeu sportif — c’est une question de patrimoine, d’identité, de respect pour ce qu’ils ont apporté au pays. Cela passe par une refondation profonde : une gouvernance transparente, le retour de dirigeants compétents et engagés, l’implication des anciens joueurs, et surtout, le réveil des supporters.
Car un club vit par ceux qui le portent.
Et tant qu’il reste des voix pour raconter leur histoire, rien n’est encore perdu.
Mohamed Feily ''Antar ''
Il fut un temps où ces deux clubs ne jouaient pas seulement au football — ils racontaient une histoire, incarnaient une fierté nationale et faisaient battre le cœur de milliers de supporters. Les derbys entre la Concorde et Ksar n’étaient pas de simples matchs : c’étaient des rendez-vous sacrés. Les tribunes pleines, les chants, cette tension électrique… toute une génération s’en souvient encore.
Aujourd’hui, le décor a brutalement changé.
L’ASAC Concorde, autrefois locomotive du football mauritanien, lutte depuis deux saisons dans l’ombre de la deuxième division. Une descente difficile à accepter pour un club de ce rang. De son côté, l’ASC Ksar, pilier historique, vacille dangereusement en bas du classement de la Super D1, menacé par une relégation qui serait vécue comme un véritable séisme.
Et pourtant… presque personne n’en parle.
Comment en est-on arrivé là ?
La réponse, bien que dérangeante, semble évidente pour beaucoup d’observateurs : la gestion. Ou plutôt, la mauvaise gestion. Des dirigeants plus préoccupés par leurs intérêts personnels que par l’avenir de leurs clubs. Des décisions hasardeuses, un manque de vision, et des choix qui n’encouragent plus les joueurs à s’investir durablement.
Le contraste avec le passé est saisissant.
À l’époque où Dr Ba Mouhamedou veillait sur la Concorde, le club fonctionnait comme une véritable institution. Les joueurs étaient encadrés, respectés, soutenus. Il y avait une âme, une direction, un cap.
Même constat du côté de Ksar, sous l’ère de Limam Ould Moulay Oumar et de ses prédécesseurs : des hommes investis, passionnés, profondément attachés à ce que représentait leur club pour la communauté. Jouer pour l’un de ces clubs était le rêve de nombreux jeunes, porter leurs couleurs un honneur. Aujourd’hui, la réalité est bien différente : retards de salaires, engagements non respectés… au point que certains joueurs hésitent désormais à s’y engager.
Ces dirigeants ne géraient pas seulement des équipes — ils portaient un héritage.
Aujourd’hui, cet héritage est en danger.
Ce qui se joue dépasse largement le cadre sportif. Si ces clubs disparaissent ou sombrent durablement, c’est une partie de la mémoire collective du football mauritanien qui s’efface. Ce sont des générations de talents, des histoires, des émotions, une culture du jeu qui risquent de disparaître.
Le plus inquiétant reste sans doute l’indifférence générale. Ni mobilisation populaire, ni réaction forte des instances, ni véritable débat public. Comme si la chute de ces monuments était devenue une banalité.
Mais il n’est peut-être pas trop tard.
Sauver l’ASAC Concorde et l’ACS Ksar ne relève pas seulement d’un enjeu sportif — c’est une question de patrimoine, d’identité, de respect pour ce qu’ils ont apporté au pays. Cela passe par une refondation profonde : une gouvernance transparente, le retour de dirigeants compétents et engagés, l’implication des anciens joueurs, et surtout, le réveil des supporters.
Car un club vit par ceux qui le portent.
Et tant qu’il reste des voix pour raconter leur histoire, rien n’est encore perdu.
Mohamed Feily ''Antar ''