Zone II : Nouakchott devient le laboratoire régional du management olympique

La Mauritanie accueille, les 14 et 15 août 2026, le Séminaire régional de la Solidarité Olympique de la Zone II de l’ACNOA. Réunissant les représentants des Comités nationaux olympiques du Cap-Vert, de la Gambie, de la Guinée, de la Guinée-Bissau, du Mali, de la Mauritanie, du Sénégal et de la Sierra Leone, cette rencontre entend transformer les programmes de la Solidarité Olympique en outils concrets de performance, de bonne gouvernance et de développement du sport africain.

Nouakchott, capitale régionale du mouvement olympique

Nouakchott s’est transformée, vendredi 14 août, en un important espace de dialogue et de coopération sportive africaine avec l’ouverture officielle du Séminaire régional de la Solidarité Olympique de la Zone II de l’Association des Comités Nationaux Olympiques d’Afrique (ACNOA).

Placée sous le thème « Appropriation stratégique, management opérationnel et mise en œuvre des Programmes et Directives de la Solidarité Olympique », la rencontre rassemble durant deux jours les cadres dirigeants des huit Comités nationaux olympiques de la Zone II.

La cérémonie d’ouverture a été supervisée par Mohamed Lo dit Cheybany, conseiller technique chargé des Sports au ministère de l’Autonomisation des Jeunes, de l’Emploi, des Sports et du Service civique, représentant le ministre de tutelle.

Dans son discours, il a souhaité la bienvenue aux différentes délégations au nom du gouvernement mauritanien, soulignant que cette rencontre constitue bien davantage qu’un simple rendez-vous institutionnel.

« Le sport africain comme avenir à bâtir »

Pour le représentant du ministère, la présence à Nouakchott des huit CNO traduit une volonté commune de faire du sport un véritable instrument de développement humain.

Il a présenté la Solidarité Olympique comme « une philosophie d’action », rappelant son rôle dans la formation des entraîneurs, l’accompagnement des athlètes, le renforcement des fédérations et le développement des capacités institutionnelles.

« Les journées qui nous réunissent ici ne sont pas une simple séquence de travaux : elles sont une opportunité rare d’apprendre, de partager et de construire ensemble des solutions durables », a-t-il souligné.

Mohamed Lo dit Cheybany a également insisté sur les ambitions de la Mauritanie dans le domaine sportif, affirmant que, sous la vision du président de la République, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, le sport occupe désormais une place importante dans la stratégie nationale de développement humain.

Il a appelé les participants à faire de ce séminaire un espace capable de déboucher sur des recommandations concrètes, des partenariats durables et de nouvelles pratiques de gestion.

Le CNOSM mise sur des acquis concrets

Prenant la parole à son tour, le président du Comité national olympique et sportif mauritanien (CNOSM), Abderrahmane Ethmane, a exprimé sa satisfaction d’accueillir cette importante rencontre régionale.

Il a rappelé que le séminaire intervient dans le prolongement de la réunion du Bureau exécutif de la Zone II de l’ACNOA, tenue jeudi à Nouakchott.

Selon lui, l’enjeu est désormais de permettre aux CNO de mieux maîtriser les programmes et les moyens mis à leur disposition par la Solidarité Olympique.

« Notre responsabilité est de mieux nous les approprier, de renforcer nos capacités de gestion et, surtout, de faire en sorte que ces programmes produisent des résultats concrets », a-t-il déclaré.

Abderrahmane Ethmane a également salué l’appui du ministère de tutelle et l’attention accordée par les autorités mauritaniennes au mouvement olympique.

Il a notamment évoqué l’audience accordée la veille par le ministre au président de la Zone II de l’ACNOA, au secrétaire général de la Zone et au président du CNOSM, y voyant un signe de l’intérêt accordé au développement du sport et à la coopération sportive africaine.

Habib Sissokho : passer de la connaissance au management

Président de la Zone II de l’ACNOA, Habib Sissokho a placé son intervention sous le signe de la professionnalisation et de l’efficacité.

Il a d’abord exprimé sa reconnaissance au Comité international olympique et à la Solidarité Olympique pour leur accompagnement constant des Comités nationaux olympiques, notamment dans le renforcement de leurs capacités.

Il a également remercié le CNOSM pour avoir accepté d’accueillir cette rencontre et pour les dispositions prises en faveur des délégations.

Pour le président de la Zone II, le mouvement olympique évolue dans un environnement de plus en plus exigeant. Les CNO doivent désormais conjuguer bonne gouvernance, performance sportive, transparence, innovation, inclusion, protection des athlètes, durabilité et responsabilité financière.

Dans ce contexte, le plan quadriennal 2025-2028 de la Solidarité Olympique constitue, selon lui, une opportunité importante pour les organisations sportives de la région.

Les programmes permettent notamment de soutenir les athlètes, renforcer les compétences des entraîneurs et des équipes techniques, développer les systèmes sportifs, améliorer les capacités institutionnelles des CNO et promouvoir les valeurs olympiques.

Mais, a-t-il prévenu, l’existence de ces programmes ne suffit pas.

Les CNO doivent être capables d’identifier leurs priorités, de sélectionner les programmes adaptés, d’élaborer des projets de qualité, de respecter les procédures, de gérer efficacement les ressources et de démontrer les résultats obtenus.

« C’est précisément la raison d’être de ce séminaire », a-t-il affirmé.

Huit pays, une même ambition

La rencontre réunit les délégations des huit CNO membres de la Zone II : Cap-Vert, Gambie, Guinée, Guinée-Bissau, Mali, Mauritanie, Sénégal et Sierra Leone.

Pour Habib Sissokho, cette diversité constitue une richesse et doit permettre de faire de la Zone II un véritable espace de coopération, de mutualisation des compétences et de partage des connaissances.

L’objectif est notamment de renforcer les échanges entre les responsables chargés des programmes de la Solidarité Olympique dans les différents CNO et de créer progressivement un réseau régional plus dynamique.

Les participants sont ainsi invités à confronter leurs expériences, à partager leurs bonnes pratiques, mais également à exposer les difficultés rencontrées dans la mise en œuvre des programmes.

Vers une nouvelle culture du management sportif

Au-delà de la formation technique, le séminaire ambitionne donc d’installer une véritable culture de management au sein des organisations olympiques de la région.

Il s’agit de passer progressivement, selon Habib Sissokho, « d’une logique de connaissance des programmes à une véritable culture de management des programmes ».

Cette évolution apparaît d’autant plus nécessaire que les CNO sont appelés à jouer un rôle croissant dans la structuration du sport, l’accompagnement des athlètes et la mise en œuvre des politiques de développement sportif.

À Nouakchott, les participants disposent ainsi de deux journées pour confronter leurs expériences, renforcer leurs compétences et dégager des pistes susceptibles d’améliorer l’impact des programmes de Solidarité Olympique dans leurs pays respectifs.

Une étape pour renforcer la coopération régionale

La cérémonie d’ouverture aura finalement placé les travaux sous un double signe : professionnalisation des structures olympiques et renforcement de la solidarité régionale.

Pour les responsables réunis à Nouakchott, l’enjeu dépasse donc la seule maîtrise des procédures. Il s’agit de faire en sorte que les ressources et les programmes disponibles se traduisent par des résultats mesurables pour les athlètes, les entraîneurs, les fédérations et, plus largement, pour la jeunesse africaine.

La Zone II de l’ACNOA entend ainsi faire de la Solidarité Olympique non seulement un mécanisme d’appui, mais un véritable levier de transformation du sport africain. À Nouakchott, le défi est désormais clair : passer des programmes aux résultats, de la coopération aux actions concrètes et de l’ambition à la performance.