L’arrivée d’un sportif à la tête de la municipalité de Kaédi  a suscité un enthousiasme des sportifs qui y entrevoyaient l’essor des activités de jeunesse et de sport. Kaédi FC  a surfé sur cette vague et même pris les devants, en invitant l’édile à la rencontre de la quatrième journée ayant opposé KFC au FC TVZ (0 à 1).Malheureusement, cet enthousiasme ne sera que de courte durée. Les passionnés du ballon rond  sont les premiers à essuyer les foudres de Nkono.

Pour sa première grande annonce, Cheikh Tahara Baradji  a en effet mis fin, de façon unilatérale, à la convention qui liait, jusqu’en 2021, la commune de Kaédi à la ligue régionale de football du Gorgol, pour l’exploitation du stade municipal. Sans avancer un argumentaire convaincant, la commune invite la Ligue à une nouvelle discussion, pour une redéfinition de ladite convention. Cette décision sonne comme un règlement de compte politique. Le maire entend faire payer, aux soutiens de son adversaire, le prix de leur choix.

Dans une correspondance en date du 2 Novembre 2018, Cheikh Tahara Baradji sonne la charge : « Après une étude minutieuse du protocole d’accord scellé, entre la commune de Kaédi et la Ligue Régionale de Football, en date du 01/06/2017 j’ai l’honneur de vous informer que je mets fin à ce protocole d’accord. La gestion du stade municipal reviendra désormais à la commune », écrit-il. Le maire invite les responsables de la Ligue à « prendre contact avec le directeur du stade municipal, pour d’éventuelles réfections ou tous autres travaux ». Enfin, simple tactique ou manœuvre dilatoire, Baradji dit rester « attentif à toute suggestion de votre part pour une nouvelle collaboration ».

Quelques jours plus tôt, le 30 Octobre dernier, le secrétaire général de la ligue avait envoyé un courrier à la municipalité, sollicitant une contribution de 50 % pour la réalisation d’un puits coffré au stade de Kaédi. Des travaux justifiés : « notre stade souffre d’un manque cruel d’accès à l’eau, ce qui a conduit à un impact négatif sur l’évolution du gazon naturel et de son entretien », faisait remarquer le SG. « Ledit puits coffré devra être équipé d’une motopompe ou d’un surpresseur, donnant, au stade, suffisamment d’eau, de façon durable et continue ». Et la ligue de compter sur « l’esprit de la convention de partenariat, pour solliciter la municipalité à contribuer à un appui financier de 50%, selon l’accord pour la réussite de cette initiative ». Cette correspondance n’aura donc eu, à cette heure, que le mérite de pousser le maire à agir autrement, oubliant la continuité du service public. Un forcing au gout amer.

 Recours contre cette décision devant le préfet de Kaédi

Pour rappel, la municipalité, dirigée à l’époque, par Sow Moussa Tschombé, avait paraphé le protocole d’accord courant jusqu’en Mai 2021, avec Ba Kalidou, président de la LRFG, pour la gestion du stade, avec, en objet principal, de « contribuer à la gestion, réhabilitation et valorisation des infrastructures sportives ». La ligue avait toute latitude pour gérer l’enceinte qui n’accueille que  les rencontres de football. Elle manageait convenablement le calendrier de ses matchs. Une éventuelle reprise du stade par la mairie plomberait cette dynamique. Pour le moment, Kaédi FC a suspendu ses entraînements et le stade est fermé depuis trois jours. La pelouse n’est plus arrosée. Le gardien a reçu instruction de ne laisser personne y accéder. Les sacrifices consentis, ces dernières années, par  les dirigeants de la ligue régionale du football du Gorgol, avaient permis de hisser le football régional à un cran supérieur, de doter le stade d’une  pelouse et de permettre une bonne tenue des rencontres. Une dynamique est en train d’être brisée. Au sein de la ligue, on refuse d’autant plus à parler de litige qu’il n’y a eu « aucune violation de la moindre des clauses » de la convention.

A cet égard, voici l’article 4 du règlement des désaccords et des  litiges : « En cas de désaccord ou de litige de nature opérationnelle ou administrative survenant entre les parties, la résolution se fera, autant que faire se peut, dans la négociation et la bonne foi à trouver un compromis acceptable, dans l’intérêt des bénéficiaires ». La ligue a déposé un recours auprès du préfet. Une affaire à suivre de près.

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