Le docteur Mohamed Mahmoud ould Mah, président du CNOSM, a été nommé président d’honneur à vie de la Zone II de l’Association des comités nationaux d’Afrique (ACNOA), lors de l’Assemblée générale ordinaire de l’instance régionale, à Bamako (Mali), le samedi 2 Février 2019. La Zone 2 a tenu à honorer le président du CNOSM qui assistait à sa dernière AG, accompagnant, notamment, le président de l’ACNOM, Moustapha Berraf, présent à Bamako, le président Habib Sissoko et Seydina Omar Diagne, secrétaire général de la Zone II, auprès de la première dame du Mali, membre du Comité national Olympique et Sportif Malien.

En 2017, le docteur Mohamed Mahmoud ould Mah avait été décoré, par le  président de la Zone II de l’ACNOA, Habib Sissokho, d’une médaille d’honneur, pour « sa contribution au sport » dans la sphère régionale et continentale, lors du fameux amendement du bureau exécutif de la FIFA, à Mexico en 1986. Grâce à ce texte, la représentation de l’Afrique, à la Coupe du Monde, passait de trois à cinq équipes.

L’amitié, entre les deux hommes, n’a jamais faibli. L’an dernier, occupé qu’il était par le  championnat du monde de judo, Habib Sissokho, par ailleurs premier vice-président de la Fédération internationale de judo, pria son  homologue mauritanien de présider le premier tournoi de beach-volley de la Zone II de l’ACNOA, organisé à Serrekunda (Gambie), du 11 au 18 Septembre 2018. La compétition regroupa sept des huit pays membres. Seule la Mauritanie fit faux bond mais Ould Mah ne manqua pas au service. « On a en d’autant moins voulu à la Mauritanie, pour son absence », fait-on remarquer, « que son président de comité national était, lui, présent ».

Porté en Février 1996, à la tête du CNOSM, le docteur Ould Mah ne rempilera pas, le 30 Mai prochain. Cette fois, c’est définitif, il partira. Il aurait dû partir, dit-il, depuis longtemps. « Mais, à chaque élection, mes adversaires, au lieu de s’occuper de leur campagne et de leur programme, ont préféré s’en prendre à moi.  Je suis resté, pour leur montrer qu’ils ne représentaient  rien. Eux et ce qui sont derrière eux ».

 Résistance

Mohamed Mahmoud ould Mah « a surtout triomphé d’avoir résisté, ces vingt dernières années, aux ministres chargés des sports qui lui ont, tous sans exception, fait la guerre, à un moment ou un autre », soulignait Cheïkh Aïdara de « L’Authentique ». Depuis 1996, le CNOSM ne bénéficiait d’aucune des subventions que l’Etat accordait, régulièrement, aux comités qui l’avaient précédé. Mais Ould Mah a su imprimer son visage et son caractère au CNOSM qu’il a façonné. Pugnace, l’homme avait, dès sa jeunesse, réussi à concilier sport (de haut niveau) et (brillantes) études. Au lycée Faidherbe de Saint-Louis, alors que d’autres justifiaient leur échec scolaire par la pratique du sport, il brillait, grâce à Dieu, en trois disciplines sportives – athlétisme, natation, football – et collectionnait les références scolaires. A chaque distribution solennelle des prix, du temps où cette ville était capitale, à la fois du Sénégal et de la Mauritanie, on le vit ainsi obtenir de hautes distinctions.

Les fédérations sportives sont, dans leur large majorité, satisfaites du CNOSM. Malgré l’aura dont il bénéficie, au plan international, notamment au sein de l’ACNOA et du CIO, le docteur n’a jamais voulu se porter candidat au sein de ces structures. Il s’en est toujours abstenu, pour garder sa liberté d’expression. En politique depuis quelques temps, il semble avoir pris la même position. Ayant le courage de ses idées, il soutint, en 2014, le candidat Boydiel ould Houmeïd.

  Ould Mah, un parcours sportif hors du commun

Sportif de haut niveau, il fut vice-champion d’Afrique Occidentale Française (AOF) du 1000 m cadets (Dakar 1957) ; champion du Sénégal du 1500 m juniors (Thiès 1958) ; finaliste d’un 50 m nage libre scolaire en France (Saint-Nazaire 1958) et classé par la Fédération Française de Natation (FFN). Atarois de naissance, Ould Mah surprit bon nombre d’encadreurs et de nageurs, par son étonnante progression, à chacune de ses sorties, suscitant de vives admirations. Capitaine de l’équipe de football du lycée de Faidherbe, il devient, plus tard, président de la Fédération nationale de football et amenda une proposition du Bureau exécutif de la FIFA, à son congrès de 1986, à Mexico, pour que la représentation de l’Afrique, à la Coupe du Monde, passe de trois à cinq équipes. « J’ai dégagé une majorité en faveur de cet amendement », note-t-il alors (« Amendement Ould Mah », PV du congrès FIFA 1986 à Mexico). Notre compatriote, feu Bâ Mahmoud, alors ambassadeur de Mauritanie à Abidjan, lui rapporta un numéro du journal « Fraternité Matin », avec, en manchettes : «L’honneur du football africain défendu par le président de la Fédération mauritanienne de football à Mexico ».

La CAF aurait pu l’honorer, en 2010, lors du passage du trophée de la CM dans le Continent ou, encore, à l’occasion de l’une ou l’autre CAN où des distinctions sont accordées à de soi-disant personnalités sportives africaines, pour services (imaginaires dans bien de cas) rendus au football continental. La CAF s’en est malheureusement abstenue. Mais, grâce à Dieu, Ould Mah ne s’est-il pas lui-même grandement honoré, en vivant si bien l’heureuse maxime de Juvénal : « Mens sana in corpore sano » (un esprit sain dans un corps sain) ?

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